I n t r o d u c t i o n .

B i e n v e n u e . S u r . A f t e r T o n i g h t F i c t i o n .

...................................................................................................................................................................................................


..............Dans la vie, nous jouons tous un rôle . Parfois en l'ayant conscience, parfois non . On se lève le matin et
..............on se forge un masque, celui de la personne que l'on va représenter aux yeux des autres . Que l'on veut
..............représenter, nuance . Le regard d'autrui, . nous y accordons tous une valeur importante, .sous différents
..............degrés, car il témoigne de notre existence . Ainsi, notre vie demeure donc notre plus grand rôle .
Le monde est notre scène dont nous en sommes tous les acteurs .


...................................................................................................................................................................................................


P e r s o n n a g e s .

...............E m m a n u e l ..................................................................................................................................I s i s
..................... 29 Ans........................................................................................................................................ 23 Ans



. . .. ... .... .....___.....___...D e s t i n .?...___.....___..... .... ... .. . .

# Posté le dimanche 29 mars 2009 10:12

Modifié le lundi 30 mars 2009 13:35

P r o l o g u e .

P r o l o g u e .
« Nous sommes plus de 6 000 000 000 de personnes sur cette Terre.
Certaines rentrent chez elles, certaines doivent s'inquiéter, d'autres mentent pour passer la journée tranquille, d'autres encore doivent affronter la vérité... 6.000.000.000 de personnes sur Terre. 6 000 000 000 d'âmes.
Et pourtant, il ne m'en faudrait qu'une... »

One Tree Hill - Saison 3 Episode 1


.......................................................................................................................................................................................


Elle traversa la rue, sans même prendre la peine de s'assurer qu'aucune voiture n'arrivait, les larmes roulant sur ses joues telles des perles transparentes échappées d'un bracelet. Dans sa main, une lettre. Froissée par les nombreuses lectures, son écriture est devenue illisible et pourtant, Elle parvient sans peine à la lire, connaissant l'emplacement de chaque mot, chaque phrase, chaque virgule et chaque point. Reçue depuis des semaines déjà, Elle n'a pas réussi à s'en séparer, trop attachée à sa signification. Car cette lettre est symbolique. Ce n'est pas une lettre ordinaire. C'est ce genre de lettres qui fait tant plaisir à recevoir, une lettre aux paroles rassurantes, où les sentiments y sont livrés sans crainte, une lettre qui fait battre notre coeur si vite quand on la lit ou qui dessine un si joli sourire sur notre visage, n'hésitant pas par la même occasion à faire briller nos yeux. C'est le genre de lettres que toutes les femmes rêvent de recevoir et pourtant, Elle aurait préféré ne jamais la lire. Car depuis, tout va mal. La vie est parfois cruelle. On croît que tout va pour le mieux, on commence à faire des projets d'avenir, on se surprend à imaginer notre vie, cette vie qui est devenue tellement plus belle depuis qu'on l'a rencontré, lui, notre âme soeur, celui avec qui tout est partagé, celui qui sera là jusqu'à la dernière seconde, celui qui est le seul à nous comprendre, à nous rendre heureuse, celui que l'on aime plus que tout et que pour rien au monde on abandonnerait... Or, c'est étrange de voir comme la vie peut perdre son sens lorsque cette personne disparaît, brusquement arraché à nous sans nous laisser le temps de réagir. Alors, tout devient noir, fade et triste. La vie perd sa saveur, son piquant. On voudrait se laisser aller, oublier, ne plus rien penser et pourtant, il faut continuer à vivre, à faire comme si tout allait bien, à afficher un sourire rassurant lorsque nos proches nous demandent si ça va aller, si l'on va s'en sortir. On peine à maintenir un semblant de vie correct et banal mais on apprend à vivre avec la douleur puis peu à peu à l'oublier. Tout du moins c'est ce que l'on croit. Et arrive le moment où le barrage de protection si adroitement construit cède et où les sentiments prennent le dessus et nous rongent. Alors, la douleur s'amplifie et il devient impossible de l'ignorer, notre âme brûlant à petit feu. C'est à peu près l'état d'esprit dans lequel Elle se trouvait lorsque sa main se posa sur le rebord du pont Mirabeau, glissant sur la pierre froide au rythme de ses pas. Elle s'arrête puis porte une main à son visage, tentant d'effacer les traces de son désespoir. Mais ce flot d'eau salée, s'intensifiant chaque fois un peu plus, devient bientôt incontrôlable. Son corps tremblotant fait face à la Seine, qui s'étend devant Elle à perte de vue, aussi tranquille que son âme est agitée, ses rives joliment illuminées donnant un côté chaleureux à la scène. Elle regarde l'eau qui s'écoule paisiblement sous ses pieds et n'a qu'une envie, la rejoindre. Cette pensée la fait frissonner. Mais Elle n'a plus la force. Plus la force de lutter. Plus la force de se battre. Elle sait que son combat est perdu d'avance, son âme trop profondément meurtrie pour s'en sortir indemne. Sa tête se penche au dessus du pont, Elle ferme les yeux et respire l'odeur de la Seine. Une odeur fraîche, pas très agréable. Bientôt, ses yeux s'ouvrent et son corps reprend sa posture initiale. Sa tête se tourne et son regard se promène sur le pont. Quelques touristes, un ou deux couples, tous absorbés par leur vie, insouciant à ce qui les entourent. Après tout, pourquoi porteraient-ils attention à cette jeune femme aux joues ruisselantes qui se penche dangereusement par dessus le pont ? Leur vie est déjà assez compliqué pour qu'ils prêtent en plus attention à celles des autres. D'habitude, Elle déteste cette attitude, si caractéristique de notre société, qu'ont les gens d'ignorer royalement la douleur et la souffrance des autres, mais aujourd'hui, Elle leur en est reconnaissante. Cela ne fera que faciliter son acte, pas si difficile finalement. Juste un geste, un mauvais pas. Puis tout sera terminé. Elle sera de nouveau à ses côtés, dans un monde où tout lui parait beaucoup plus simple. Après tout, qui se souciera de son départ ? Ses parents peut-être. Et encore... Ils n'ont fait que s'éloigner chaque jour un peu plus de leur fille qu'ils n'arrivaient pas à réconforter, comme s'ils essayaient de se protéger d'un mal invisible, comme si sa souffrance pouvait les atteindre, les ronger comme elle rongeait leur fille depuis quelques semaines. Sa soeur. Elle manquerait à sa soeur, Elle en était certaine. La seule à être resté, à l'avoir soutenu, à l'avoir réconforté. La seule qui pouvait lui faire esquisser un maigre sourire dans ses meilleurs jours, la seule qui arrivait à la sortir du lit dans les plus mauvais... Mais tout cela paraissait si peu face à la mort, face à la délivrance qu'elle promettait. D'accord, peut-être qu'ils seraient tristes, qu'Elle leur manquerait, mais cela ne durerait qu'un temps puis ils finiraient tous par oublier, par l'oublier comme ils ont oublié ceux qui sont déjà passé de l'autre côté. Car, après tout, nous ne sommes que de passage. Finalement, Elle n'avait rien à regretter ici. Rien ni personne ne l'empêcherait de sauter. Son pied se posa sur le petit muret, sa main hissa le reste de son corps et Elle se retrouva bientôt en équilibre précaire, debout sur le pont. Elle prit quelques secondes pour respirer l'air parisien et regarder une dernière fois cette ville qui lui paraissait si prometteuse, avant, puis ses yeux se fermèrent et elle se laissa tomber dans le vide. Mais elle aurait du savoir que ce n'est pas si simple que ça, de mourir...


.......................................................................................................................................................................................


Un Premier Avis ?
Dites-Moi Ce Que Vous En Penser,
C'est Important Pour Moi ! =)

# Posté le dimanche 29 mars 2009 12:09

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 09:42

C h a p i t r e. U n. .. J a m a i s. J e .N e. T ' o u b l i e r a i

C h a p i t r e. U n.  ..  J a m a i s. J e .N e. T ' o u b l i e r a i
« Ton silence est incroyable. Un quelque chose d'impalpable qui tourne autour de moi. Tard, il est tard dans ton absence et j'ai froid. Impossible de dormir et de t'oublier. Mon corps le voudrait pourtant. Je me recroqueville comme un bébé. Mes paupières sont lourdes mais ma main te pense encore. »

Ta Main - Grégoire


.......................................................................................................................................................................................


Il tourne et se retourne pour la énième fois dans son lit, si grand pour lui. Le sommeil tarde à venir. Ses yeux pourtant fermés refusent de le laisser s'abandonner à la nuit. Sa main se porte à son visage puis se pose sur les draps, cherchant machinalement une présence à ses côtés. Mais le lit reste désespérément vide. Treize jours qu'elle est partie. Ou plutôt treize jours qu'il l'a quitté... Il ne regrette pas son choix. Il étouffait dans cette relation qui n'avait plus d'avenir. Pourtant, elle hante toujours ses pensées, omniprésente à longueur de journée. Pas facile de tirer un trait sur le passé. Comment en étaient-ils arrivés là tous les deux ? Tout avait si bien commencé entre eux... Les souvenirs de leur rencontre remontèrent à la surface. Il fallait revenir deux ans plus tôt. A cette époque, sa brillante carrière de chanteur lui avait permis de s'octroyer quelques semaines de repos pendant lesquelles il avait décidé de visiter l'Inde, un pays qui l'attirait depuis toujours. Ce voyage serait pour lui source d'inspiration et lui permettrait d'acquérir l'expérience qui lui manquait pour donner plus de vécu à ses textes, plus de sens à ses chansons. Il l'avait rencontré au détour d'un village, elle, jeune française en mission humanitaire et avait été séduit par sa beauté naturelle et sa joie de vivre communicative. Elle pétillait. Ce fut un coup de foudre immédiat et réciproque, donnant naissance à une jolie histoire. Puis les mois avaient passé, le temps installant la routine, estompant peu à peu leurs sentiments, ce qui avait eu raison de leur relation. Célibataire. Ce mot hanté son esprit. Oui, il était célibataire. Pourtant, il ne réalisait pas encore totalement ce que cela impliquait... Plus de liberté ? Plus de solitude ? Sûrement. Il ouvrit les yeux et ramena ses mains derrière sa nuque, s'attachant à contempler le plafond imparfait de son appartement parisien. Que faisait-elle en ce moment ? Dormait-elle ? Où pensait-elle à lui ? Est-ce-qu'il lui manquait ? Ces questions résonnaient dans sa tête sans qu'il y trouve de réponses satisfaisantes. Il poussa un soupir las puis se leva. Son réveil affichait vingt-deux heures quarante trois. Il n'avait décidément pas sommeil. Il enfila rapidement un jean et un pull puis se dirigea vers la cuisine. Il attrapa une tasse puis une dose de café qu'il inséra dans sa machine à expresso, cadeau qu'elle lui avait fait il y a quelques mois. Le café s'écoula lentement, aussi noir que le ciel de la capitale française ce soir-là. Sa tasse en main, il alla se poster devant la baie-vitrée de son salon, qui lui offrait une vue panoramique imprenable sur la ville, et s'attarda à admirer la tour Eiffel. Ses lumières se reflétaient sur la Seine et le faisceau lumineux bleu à son sommet transperçait le ciel tel un effet spécial tout droit sorti d'un film de science-fiction. D'ici, il dominait Paris - qui s'étendait à ses pieds - tel un roi qui contemplait ses terres du haut de son château. Pourtant, il n'avait pas encore totalement conquit Paris et il lui restait du chemin à parcourir avant de s'assurer une place dans ce monde, le monde cruel qu'est celui de la chanson. Il avala sa dernière gorgée de café puis se détacha de la vitre et retourna dans la cuisine. Il déposa la tasse dans l'évier et y appuya ses mains, fixant un point invisible sur le mur. Il n'en était pas à sa première nuit blanche. En tant qu'auteur-compositeur reconnu, il avait souvent pour habitude de se relever la nuit pour composer, soudainement animé par une idée qui venait de germer dans son esprit. D'ailleurs, il est bien connu que les meilleures chansons prennent vie la nuit. Cependant, ce n'était pas dans ses habitudes de passer une nuit blanche car il ne trouvait pas le sommeil. Cela lui paraissait impensable. Il porta ses mains à son visage et se frotta frénétiquement les yeux. Il soupira une nouvelle fois puis quitta la cuisine à pas rapide pour se retrouver dans l'entrée de son luxueux trois pièces. Une paire de chaussures aux pieds et sa veste enfilée, il posa sa main sur la poignée de la porte d'entrée et quitta silencieusement l'appartement.
L'air frais du mois de février lui cingla le visage, donnant à ses joues pâles une jolie teinte rosée. Il avança quelques mètres puis s'arrêta sur le trottoir, fouillant dans ses poches à la recherche d'une cigarette. Il l'alluma rapidement à l'aide de son briquet et tira une bouffée, savourant la chaleur qu'elle répandait dans son corps. Ses muscles se détendirent peu à peu et il reprit sa marche, l'esprit un peu plus léger. Les rues étaient calmes à cette heure de la soirée. Il appréciait cette tranquillité, cette possibilité de se promener dans la rue sans être interpellé, chose rare pour lui depuis quelques années. Certes la célébrité que lui avait apporter son métier le rendait heureux mais il regrettait parfois l'anonymat de ses jeunes années... Ses pas le portèrent jusqu'aux quais de la Seine qu'il longea furtivement, jetant de temps à autre un oeil distrait aux quelques bateaux-mouches qui naviguaient encore. Puis, il bifurqua vers l'un des nombreux ponts parisiens et se posa sur un banc qui lui offrait une vue irrésistible sur la Tour Eiffel. A côté de lui, une jeune femme était appuyé contre le pont, le regard dans le vide et les yeux baignés de larmes. Il émanait d'Elle une certaine tristesse dont il n'arrivait pas à déterminer la cause. Pourtant, Elle avait tout pour elle, une beauté naturelle, de jolis yeux noisettes et des cheveux dorés qui descendaient en cascade sur ses fines épaules. Oui, il la trouvait belle, et pourtant si triste. Pourquoi était-Elle dans cet état ? Il ne pouvait détacher son regard d'Elle, comme hypnotisé par cette jeune femme. Il aurait voulu la serrer dans ses bras et la réconforter, lui dire qu'il était là pour Elle, qu'Elle ne devait plus s'en faire, qu'il...


_ « NON ! » cria t'il, sa voix brisant le silence.


Il se leva du banc et se précipita vers la jeune femme. Elle était debout, les yeux fermés, son corps dangereusement attiré vers la Seine, prête à commettre un acte qu'il n'aurait supporté de voir. Il posa ses mains sur ses hanches et l'attira vers lui, la sauvant in-extremis d'une mort certaine et les entraînant tous les deux sur le trottoir. Les quelques passants se retournèrent et regardèrent la scène horrifié. Elle était allongée sur lui tandis qu'il lui tenait toujours les hanches, n'osant pas bouger. Elle ouvrit les yeux et lui adressa un regard plein de détresse et de peur avant de se relever.


_ « Je... Non... Vous n'auriez pas dû... » bafouilla t'elle avant de tourner les talons.


Elle avança de quelques mètres à pas rapide puis s'effondra à terre.


_ « Mademoiselle ! »


Il la rattrapa rapidement et s'accroupit à sa hauteur, posant sa main tremblante sur le corps inerte de la jeune femme. Elle était allongée par terre, immobile et les yeux désespérément clos. Il jeta un regard circulaire sur le pont, cherchant des yeux un quelconque réconfort ou une âme charitable qui pourrait lui dire que faire. Malheureusement, les dernières personnes qui se promenaient encore ici il y a quelques minutes avaient déserté le pont à la vue de cette scène digne d'un téléfilm dramatique. Il reposa alors son regard océanique sur la jeune femme, à présent prise de tremblements et, d'un geste peu confiant, lui attrapa le poignet et chercha son pouls. Après quelques secondes qui lui parurent les plus angoissantes de sa courte existence, il finit par déceler un mouvement régulier sous la peau de la jeune femme et laissa échapper un soupir de soulagement. Elle était en vie. Vivante. Pas morte. Il reposa le poignet à terre et prit quelques instants pour réfléchir. Il ne voyait pas d'autres solutions que de conduire la jeune femme chez lui, au moins le temps qu'elle se rétablisse. Doucement, il posa sa main sur l'épaule de la jeune femme et la retourna, son dos entrant alors en contact avec le goudron glacé du trottoir. Il passa sa main gauche sous sa nuque tandis que sa main droite se glissait sous ses genoux puis se releva d'un geste agile. Il tangua un instant sous le poids pourtant plume de la jeune femme, puis son corps retrouva son équilibre et il s'engagea d'un pas sûr vers son appartement, une seule idée en tête, sauver cette jeune inconnue...
Tant bien que mal, il inséra la clé dans la serrure et tourna la poignée, tenant de sa deuxième main la jeune femme, toujours inconsciente. La porte grinça quelque peu, brisant le silence qui régnait dans l'immeuble parisien mais il n'y prêta pas attention et entra directement, heureux malgré tout de retrouver la chaleur et le réconfort de son appartement. D'un léger coup de pied, il ferma la porte derrière lui puis se dirigea vers sa chambre, située au bout du couloir. Il la déposa doucement sur son lit, encore défait de ses insomnies et entreprit de lui retirer sa veste. Il tira délicatement sur les manches, la jeune femme laissant échapper un gémissement puis déposa le vêtement au bout du lit. Il s'asseya au bord du matelas et posa un regard voilé sur cette jeune inconnue. Pourquoi voulait-elle sauter de ce pont ? Quelles raisons l'avaient motivé à effectuer cet acte ? Comment une si jolie jeune femme pouvait-elle en être arrivé là ? Il posa sa main sur le front de la jeune femme et la laissa quelques instants dans le but de déceler une possible fièvre puis, jugeant qu'il était de bonne température, la laissa glisser sur sa joue, son bras pour finalement rejoindre une des mains de cette dernière. De son pouce, il caressa le dos de sa main, espérant lui apporter un quelconque réconfort, comme si ses caresses pouvaient effacer à jamais les traumatismes qu'elle avait dû connaître. Elle remua légèrement dans son sommeil et marmonna quelques paroles incompréhensibles à son oreille puis son souffle reprit un rythme régulier, celui du sommeil. Il lui jeta un dernier regard puis se leva et rabattit la couverture sur la jeune femme. Il déposa un léger baiser sur son front puis sorti de la pièce après s'être assuré une dernière fois que sa jeune inconnue se portait bien...


.......................................................................................................................................................................................

Vos Impressions ?
Vous êtes déçu ? / Vous aimez bien ?
N'hésitez pas à partager votre avis =)


Je voulais aussi vous dire Merci pour les nombreux commentaires que vous avez mis sur le prologue.
En espérant en avoir autant sur les prochains chapitres.
A bientôt.

# Posté le dimanche 29 mars 2009 12:40

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 09:43

C h a p i t r e. D e u x. .. E l l e. e t .L u i

C h a p i t r e. D e u x.  ..  E l l e. e t .L u i
Je ne veux pas que tu reviennes, j'aurais simplement voulu que tu restes.


.......................................................................................................................................................................................


Ses doigts glissaient sur l'instrument depuis de longues heures déjà, diffusant dans l'appartement silencieux de jolies notes pourtant emplies de tristesse et de solitude. L'horloge murale affichait trois heures vingt-deux mais il n'avait toujours pas sommeil, trop angoissé et stressé par les péripéties de la veille. La jeune femme dormait toujours à poing fermé dans son lit, aussi insouciante à ce qui lui était arrivé qu'un jeune enfant. Il s'autorisait à aller la voir toutes les heures et, chaque fois, s'étaient les mêmes gestes : sa main sur son front pour s'assurer qu'elle n'avait pas de fièvre, quelques caresses sur sa main puis, avant de partir, un léger baiser sur son front. Il ne voulait pas se l'avouer mais il s'inquiétait de son état. Etait-elle en bonne santé ? Ou dépressive ? Il aurait voulu qu'elle se réveille pour qu'il puisse lui poser toutes les questions qui lui trottait dans la tête depuis qu'il l'avait rencontré mais il ne voulait pas la brusquer. Il s'inquiétait aussi de savoir si elle n'allait pas prendre peur en découvrant qu'elle n'était pas chez elle. Allait-elle le prendre pour un psychopathe ? Un violeur de jeunes femmes ? Il n'en avait pas la tête pourtant. Tout du moins il l'espérait...
Ses doigts cessèrent leur valse tumultueuse sur le piano. D'habitude, la musique lui permettait d'évacuer tout le stress qui l'envahissait et de faire abstraction pendant quelques instants de sa vie, ses doutes et ses angoisses. Le temps d'une chanson, il partait dans un autre monde, un monde qu'il pouvait façonner à son image, un monde où il se sentait bien, reposé et où il aimait se retrouver. Il lui suffisait juste de se laisser bercer par la musique pour rejoindre cet univers utopique qu'il aimait tant. Mais ce soir, ça n'avait pas marché. Il replaça ses doigts sur les touches blanches de l'instrument, près à entamer un nouveau morceau et joua le premier accord, tentant une nouvelle fois d'oublier cette jeune inconnue qui dormait dans son lit.

Ses membres s'étirèrent longuement sur le matelas puis ses mains se portèrent à son visage qu'elle frotta doucement pour effacer les dernières traces de son sommeil. Elle laissa échapper un bâillement, ouvrit les yeux puis s'asseya sur le matelas, touchant de la pointe des pieds le parquet de la chambre. Son regard émeraude se promena dans la pièce qu'elle croyait être sa chambre puis commença à s'affoler. Elle ne reconnaissait pas les lieux. Les murs, les objets, tout lui était inconnu. Elle se redressa et posa ses pieds sur le sol. Où était-elle ? Comment était-elle arrivé ici ? Aucun souvenir ne remontait à sa mémoire. Seul un trou noir s'imposait à son esprit quand elle essayait de se rappeler sa soirée. Elle commença à trembler et les larmes lui montèrent aux yeux. Elle avait toujours été une trouillarde dans l'âme et le simple fait de ne pas savoir où elle se trouvait la paniqua. Elle avança de quelques pas dans la pièce plongée dans la pénombre et se prit les pieds dans un tapis. Un cri s'échappa de sa bouche et elle tomba au sol, se rattrapant de justesse avec ses mains. Elle s'asseya et ses genoux vinrent se coller à sa poitrine, ses bras les entourant comme pour se protéger d'un mal invisible. Des pas précipités se firent entendre dans la pièce d'à côté et elle commença à se balancer d'avant en arrière pour essayer de calmer sa peur. Une ombre se détacha dans le carré de la porte et la jeune femme laissa échapper un sanglot.


_ « Eh, vous allez bien ? »


Il s'approcha de la jeune femme et se mit à sa hauteur, une main posée sur son épaule. Elle cessa de se balancer et leva un regard humide et timide vers le jeune homme. Il semblait de grande taille et avait le crâne presque rasé. Il portait sur elle un regard inquiet mais elle ne pouvait pas distinguer la couleur de ses yeux avec le peu de lumière qui filtrait dans la chambre. Il approcha son pouce près de sa joue et essuya quelques larmes.


_ « J'ai entendu un bruit, vous êtes tombé ? Vous vous êtes fait mal ? » demanda-t'il, une pointe d'inquiétude dans la voix.
_ « Je... Je crois que non. » répondit-elle faiblement.


Un sourire apparut sur le visage du jeune homme.


_ « Non vous n'êtes pas tombé ou non vous ne vous êtes pas fait mal ? »
_ « Je n'ai pas mal. Enfin je crois. »


Le jeune homme rigola. Elle esquissa un sourire.


_ « Où suis-je ? »
_ « Oh excusez-moi, je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Emmanuel. Enfin vous pouvez m'appeler Manu, je préfère » Il rigola doucement. « Je vous ai emmené chez moi hier soir, vous avez fait un malaise dans la rue »


Elle ouvrit grand les yeux, comme choqué par ce que venait de lui dire Emmanuel.


_ « Un malaise ? »


Pourquoi avait-elle fait un malaise ? Que faisait-elle dans la rue ? Elle essaya de se rappeler et des images lui revinrent en mémoire. L'accident de son petit ami. Son corps qu'elle avait entrevue une dernière fois dans le cercueil. Les semaines de déprime dans son appartement. Puis, hier soir. Le pont. La tentative de suicide ratée. Et Emmanuel qui l'a sauvé. Les larmes redoublèrent sur ses joues. Emmanuel se rapprocha et l'entoura de ses bras, ses mains frottant doucement le dos de la jeune femme. Elle se laissa aller contre lui, posant sa tête contre son torse et ne pût retenir ses sanglots plus longtemps. Il ne savait quoi lui dire pour la calmer et tenter de la rassurer. Dans ce genre de situation, les mots nous paraissent bien insuffisants et parfois, seule une présence à nos côtés peut suffire à nous réconforter.


_ « Chut... Je suis là. » chuchota-t'il.
_ « Je... Je suis... désolée. » dit-elle d'une voix chevrotante.
_ « Ça va aller, je vous le promets. »


Elle se détacha doucement de lui mais garda son regard rivé vers le sol. Elle avait honte d'avoir craqué devant lui, devant cet inconnu qui était pourtant si gentil avec elle. Pourquoi ne l'avait-il pas laissé en finir avec cette vie intenable qu'elle menait ? Elle ne se sentait pas la force de lutter. Elle aurait voulu pour une fois que tout se déroule comme elle le souhaitait mais la vie n'en avait pas décidé ainsi. Une main se posa sous son menton, comme pour l'inciter à relever la tête, ce qu'elle fit timidement. Il était là, devant elle, ne sachant comment réagir, un air plus que perdu sur son visage. Elle le trouvait plutôt comique. Elle rigola légèrement.


_ « Vous êtes beaucoup plus jolie lorsque vous souriez » déclara-t'il en souriant. « Oh ne rougissez pas, c'est là vérité ! »
_ « Merci... » répondit-elle timidement.
_ « Comment vous appelez-vous ? »
_ « Isis. Je m'appelle Isis. »
_ « Joli prénom. C'est la première fois que je l'entends. »


Emmanuel se releva et tendit sa main droite à Isis.


_ « Allez venez. On sera mieux au salon pour discuter... »


Isis glissa sa main dans celle que lui tendait Emmanuel et se leva. Elle essuya les dernières larmes qui coulaient encore sur ses joues et posa son regard sur Emmanuel. Le clair de lune éclairé son visage et elle pouvait maintenant distinguer ses moindres traits. Il ne lui était pas inconnu et elle avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part. Elle devait faire une drôle de tête car Emmanuel afficha un air inquiet.


_ « Ça va ? »
_ « Mm' Oui » répondit-elle. « J'ai l'impression de vous avoir déjà vu quelque part. »
_ « Peut-être bien. Vous me suivez ? »
_ « J'arrive »


Emmanuel sortit de la chambre et regarda par dessus son épaule pour s'assurer qu'Isis le suivait bien. Elle arriva peu de temps après, comme perdu dans ses pensées. Il attendit qu'elle arrive à sa hauteur puis reprit sa marche en direction du salon. Il se dirigea vers le canapé et se posta près de la table basse. Isis pénétra dans la pièce et fut éblouie par sa grandeur. Elle rejoignit timidement Emmanuel qui l'invita à s'asseoir dans un des fauteuils. Elle s'exécuta et Emmanuel prit place à côté d'elle.


_ « Joli salon » déclara-t'elle.
_ « Merci. C'est moi qui a fait la déco. » répondit-il en souriant. « Vous voulez boire quelque chose ? Vous devez avoir soif. »
_ « Je veux bien un verre d'eau s'il-vous-plaît. »
_ « Je vous apporte ça de suite. »


Emmanuel se leva et se dirigea rapidement vers la cuisine. Isis en profita pour détailler la pièce. Au fond se trouvait une cheminée dans laquelle était allumée un feu, ce qui donnait un côté chaleureux à la pièce. Plusieurs étagères étaient posées contre les murs, certaines contenant des livres, d'autres des dizaines de CD ou encore une collection de bouddhas. Dans un coin de la pièce se trouvait un piano à queue ainsi qu'une guitare. Les murs étaient peints en marron avec quelques touches de turquoises et quelques cadres représentant des bouddhas, bambous et autres symboles de zenitude étaient accrochés ça et là. Il y avait aussi quelques affiches dont une en particulier qui attira son attention. Elle se leva du canapé et s'en approcha. Elle pouvait y lire :



Emmanuel
MOIRE

... [ e n ] c o n c e r t ...
dans toute la France
Dates et réservations sur...


Une photo accompagnée également le texte et elle n'eut pas de mal à reconnaître Emmanuel. C'était donc pour cela qu'elle avait cette impression de le connaître. En effet, l'inconnu qui l'avait si gentiment accueilli n'était autre que l'un des chanteurs les plus connus de l'hexagone. Comment ne l'avait-elle pas reconnu plus tôt ? Elle se trouvait donc chez lui... Cela lui paraissait impensable. Elle regarda une nouvelle fois l'affiche puis fut attiré par une autre accrochée un peu plus loin. Un sourire se dessina sur son visage. Combien de fois avait-elle pu la regarder ? Elle l'avait même accroché au dessus de son bureau pour pouvoir la contempler plus souvent. D'ailleurs, son petit ami s'était moqué d'elle de nombreuses fois en lui disant qu'elle avait passé l'âge d'idolâtrer « Christophe Maé ». Mais c'était plus fort qu'elle. Elle toucha l'affiche du bout des doigts et remarqua une petite dédicace qu'elle ne pût s'empêcher de lire.


« À Mon Roi Soleil. Ton poto. Chris' »


_ « Christophe a la même chez lui. »


Isis sursauta et se retourna vers Emmanuel qui était en train de poser son verre d'eau sur la table. Il la rejoignit en souriant.


_ « Sauf que moi j'avais écrit quelque chose comme A Mon Frère si je me souviens bien... »


Emmanuel regarda l'affiche d'un air nostalgique tandis qu'Isis baissa la tête en rougissant, gênée de s'être immiscée dans sa vie privée sans en avoir été invitée. Elle bafouilla de vagues excuses envers Emmanuel et recula. Le sourire d'Emmanuel se figea et une expression d'incompréhension pris place sur son visage.


_ « Attendez ! Isis ! »
_ « Non, je... C'était une erreur. Vous n'auriez pas dû ! »
_ « Mais... »


Isis recula jusqu'à la porte du salon puis parti en courant. Emmanuel l'appela encore une fois sans succès puis posa ses mains derrière sa nuque, totalement perdu. Pourquoi réagissait-elle comme cela ? Qu'avait-il dit ? Qu'avait-il fait ? Il ferma les yeux quelques secondes puis sortit en courant du salon. Il attrapa sa veste, ouvrit la porte d'entrée et dévala les escaliers quatre à quatre avant de se retrouver dans la rue. Il regarda à gauche puis à droite mais il faisait trop sombre pour voir plus loin que quelques mètres. Il fit quelques pas dans la rue mais revint en arrière. Il n'avait pas la moindre idée d'où elle était partie et se serait de la folie de parcourir les rues de Paris à quatre heures du matin. Il s'arrêta au milieu du trottoir et porta ses mains à son visage.


_ « Eh Merde ! »


Il donna un coup de pied dans le mur et souffla d'agacement. Cela ne servait à rien qu'il reste plus longtemps dans la rue. Il fallait qu'il se rende à l'évidence. Elle était partie...



.......................................................................................................................................................................................

.................................................Vos Impressions ?

.................................................30 Commentaires ?

# Posté le dimanche 29 mars 2009 13:21

Modifié le jeudi 24 septembre 2009 05:34

C h a p i t r e. T r o i s. .. P o u r q u o i . ?

C h a p i t r e. T r o i s.  ..  P o u r q u o i . ?
« Je ne sais pas où aller pour tomber sur tes pas, si c'est dans la ville où je suis né
ou tout près de chez moi... »
Sans Dire Un Mot - Emmanuel Moire


.......................................................................................................................................................................................


Les larmes glissaient sur son visage sans qu'elle y prête attention. Elle s'en voulait. Pourquoi avait-elle réagit comme cela ? Que lui avait-il prit ? Emmanuel avait été gentil avec elle, il l'avait accueilli chez lui, avait tout fait pour la rassurer et surtout il lui avait sauvé la vie... C'était peut-être ça le problème finalement. S'il n'avait pas été sur ce pont, elle serait déjà loin à l'heure qu'il est. Ou peut-être qu'un autre l'aurait empêché de sauter. Ce n'était peut-être pas son heure. Mais pourquoi se sentait-elle si mal alors ? Pendant un instant, elle avait cru qu'elle pourrait de nouveau être heureuse. Mais tout cela avait été de courte durée et le présent avait vite refait surface. Mais pourquoi était-elle partie comme ça ? Elle ne se comprenait plus ! Le pauvre n'avait pas dû comprendre. Et s'il s'en voulait ? Et s'il pensait que c'était de sa faute ? Il fallait qu'elle s'excuse, qu'elle lui explique pourquoi ! Mais pourquoi ? Elle même ne savait pas. Et puis, elle aurait trop honte d'y retourner. Ce n'était pas une façon d'agir, elle n'avait pas été élevé comme ça... De toute façon, tout ce qu'elle entreprenait ne faisait que rater ! Elle n'avait jamais eu la chance de son côté. Et encore ce soir, il avait fallu que quelque chose vienne tout gâcher ! Elle était lasse, lasse de devoir lutter, lasse de devoir montrer sans cesse qu'elle était forte alors que ce n'était pas le cas, lasse de la vie...
Un sanglot s'échappa. Elle essuya furtivement les larmes qui coulaient encore sur ses joues avec sa manche et pressa le pas. Un frisson la parcourut. Elle se rendit alors compte qu'elle était sortie en sweat alors que la température frôlait zéro. Sa veste devait être resté chez Emmanuel. Elle ne se rappelait pas l'avoir quitté pourtant... Elle leva alors les yeux, qu'elle avait gardé rivé au sol jusqu'alors et se rendit compte qu'elle était totalement perdue. Elle n'avait pas la moindre idée d'où elle était et de comment elle était arrivée ici. Elle avait marché sans prendre garde au chemin qu'elle emprunté et la ville était si grande que l'on avait vite fait de se perdre. Les larmes redoublèrent sur ses joues et le stress et la peur la gagnèrent. Il faisait noir. Elle ne savait pas où elle était. Ni quelle heure il était. Elle avait de quoi paniquer non ?
Elle jeta quelques regards affolés aux alentours puis remarqua un plan à quelques mètres. Elle s'en approcha et chercha avec son doigt la rue où elle se trouvait. Elle repéra le petit sigle « Vous êtes ici » et lut le nom à haute voix.


_ « Rue Jasmin / Avenue de Mozart - 16 ème Arrondissement »


Elle prit le temps de réfléchir et examina de nouveau la carte pour chercher sa rue. Elle habitait dans le 15 ème, Rue des Cévennes et il lui fallait retraverser la Seine pour rentrer. Aucun métro ne circulait à cette heure et elle n'avait pas d'argent pour se payer un taxi. Elle n'avait plus qu'à marcher. Elle n'était pas rassurée. Le soleil ne se lèverait pas avant quelques heures. Elle devrait faire le chemin de nuit. Elle croisa les bras sur sa poitrine et s'engagea dans la rue, la tête baissée et son corps encore secoué de sanglots.


Emmanuel claqua la porte de son appartement et entra dans son salon, faisant les cent pas au milieu de la pièce. Il fallait qu'il trouve un moyen de la retrouver, la revoir. Il ne voulait pas la laisser seule, pas dans son état. Il porta sa main derrière sa nuque et laissa sa tête se pencher en arrière en soupirant. Pourquoi était-elle partie comme ça ? Etait-elle inconsciente ? L'avait-il effrayer ? Il n'était pas bon de parcourir les rues de Paris la nuit et il espérait pour elle qu'elle avait eu la bonne idée de rentrer directement chez elle... Sinon... Sinon rien ! Il ne voulait pas imaginer le pire. Pourquoi faudrait-il que cela se passe mal ? Pourquoi faudrait-il qu'il lui arrive quelque chose ? A cette heure, elle était sûrement déjà rentré chez elle... Emmanuel s'asseya sur le canapé et frotta son visage avec ses mains en laissant échapper un soupir. Il se répétait inlassablement que tout allait bien mais n'arrivait pas à s'en convaincre. Il fallait qu'il oublie, qu'il oublie cette soirée, cette femme qu'il connaissait à peine. Il n'avait presque aucune chance de la revoir, la ville est grande. Il reposa ses mains sur ses genoux et posa son regard sur l'écran noir de la télévision. L'appartement était silencieux. Seul le « tic-tac » de l'horloge murale rompait ce silence pesant. Non ! Il ne pouvait pas se résigner à l'abandonner, à oublier une femme qui avait sûrement besoin d'aide vu l'état d'esprit dans lequel elle se trouvait. Se serait de l'égoïsme que de la laisser seule. Emmanuel se leva du canapé et reprit sa marche dans le salon. Une solution, il lui fallait une solution !


[...]


Mais bien sûr ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé avant ! Il se dirigea rapidement vers sa chambre et poussa la porte d'un geste vif. Il laissa vagabonder son regard dans la pièce, essayant de distinguer dans la pénombre l'objet auquel il pensait. Il se rapprocha du lit et son regard se posa sur une veste. Sa veste. Il l'attrapa en souriant et retourna à vive allure dans le salon tout en fouillant dans les poches du vêtement, recherchant une quelconque pièce d'identité ou le moindre indice sur la jeune femme. Il finit par dénicher un porte-feuille dans une poche intérieur et balança la veste sur le canapé. Il fit céder la pression du précieux objet et plusieurs cartes s'échappèrent pour retomber sur la table basse du salon. Carte bancaire, carte de fidélité, carte de cinéma, une autre carte de fidélité et... Ah ! Il s'empara de la carte et la retourna. Il la lut rapidement mais aucune adresse n'y apparaissait. Il la reposa sur la table, son visage affichant un air de frustration puis reprit le porte-feuille entre ses mains et entreprit de le fouiller. En temps normal, il détestait ce genre d'attitude et il se promit de s'excuser auprès d'Isis plus tard, s'il parvenait à la retrouver... Il fouilla la dernière poche. Toujours rien. Il n'y avait donc aucun papier qui stipulait clairement l'adresse d'Isis dans ce foutu porte-feuille ?! Emmanuel le jeta sur la table et prit sa tête entre ses mains. Comment allait-il la retrouver ?


_ « Hey Poupée où qu'tu vas comme ça ? »


Isis baissa la tête et accéléra le pas. Elle n'était plus qu'à quelques rues de son appartement, quelques rues... L'homme traversa et s'engagea sur le trottoir, à la suite d'Isis. Il était de grande taille. Il avançait vite.


_ « Tu pourrais répondre sale garce ! Attends que j't'attrape ! »


Isis augmenta l'allure, des larmes de peur glissant sur ses joues sans qu'elle puisse les contrôler. L'homme était de plus en plus près. Elle le sentait derrière elle mais elle n'osait pas se retourner. Elle entendait sa respiration rauque, elle sentait l'odeur d'alcool qu'il dégageait, elle savait qu'il était juste derrière. Elle tourna au coin de la rue et commença à courir, espérant gagner un peu de temps sur l'homme. Malheureusement pour elle, lui aussi avait augmenté l'allure et se trouvait juste derrière elle, à quelques millimètres... Isis laissa échapper un sanglot et trébucha. L'homme attrapa son bras et la plaqua contre le mur. Isis se débattit, mais il la tenait fermement, bien trop fermement pour qu'elle puisse espérer s'échapper. Il rapprocha sa tête de la sienne et l'observa, un sourire pendu à ses lèvres. Il puait la vignasse. Isis détourna la tête et tenta de refouler ses sanglots.


_ « Mais pleure pas ma belle ! On va passer un bon moment tous les deux, tu verras... »


Emmanuel glissa l'enveloppe dans la poche arrière de son jean et enfila sa veste et ses chaussures rapidement. Il avait fini par trouver l'adresse d'Isis et il priait maintenant pour qu'il ne soit pas trop tard. Trop tard pour quoi ? Il ne savait pas. Il avait un mauvais pressentiment. Il sentait qu'il s'était passé quelque chose. Il dévala les étages qui le séparait de la rue et poussa la porte cochère de l'immeuble. Il s'engagea dans la rue en courant, les traversant toutes une à une jusqu'à la Rue Des Cévennes, sa rue. Il ralentit l'allure et s'y engagea, la rue était calme, située dans une quartier modeste et paisible. Il se posta sous un lampadaire, porta sa main à sa poche et en sortit l'enveloppe. Il la parcourra des yeux et relut une nouvelle fois l'adresse. C'était ici. Immeuble 17. Il regarda les numéros des immeubles autour de lui - 33 35 37 ... - et en déduit qu'il fallait qu'il continue tout droit, jusqu'au bout de la rue. Il reprit sa marche tout en restant aux aguets, ses yeux se posant ça et là dans la rue. Plusieurs petites ruelles étaient rattachées à la rue, certaines en impasse, d'autres permettant de rejoindre une autre avenue, d'autres encore transformées en rues piétonnes... Il continua son chemin sans y prêter attention, le regard anxieux et son coeur battant à tout rompre dans sa poitrine, près à la faire exploser au moindre instant. Il se répétait inlassablement et silencieusement « Faites qu'elle soit chez elle ! Faites qu'elle soit chez elle » comme pour essayer de se convaincre que le mauvais pressentiment qu'il avait n'était qu'un rêve, qu'une illusion... Il s'arrêta devant un grand bâtiment, un immeuble haut d'une dizaine d'étages, plutôt moderne et bien entretenu, copie-conforme de tous ceux qui peuplait la rue. Il leva la tête vers une petite plaque et y lut le numéro : 17. C'est ici. Il monta les quelques marches qui le séparait du hall d'entrée et posa sa main sur la poignée de la porte. Elle résiste. Fermée. Il tourne alors la tête à droite puis à gauche et son regard se pose sur les sonnettes. Il s'en approche et, à l'aide de son téléphone portable, éclaire les petites écritures indiquant les noms des riverains. Première colonne, rien. Deuxième colonne, rien. Troisième, quatrième, cinquième, c'est la bonne. Le prénom de la jeune fille est écrit à droite de la sonnette. Il pose son doigt sur le petit bouton, hésite quelques instants puis fini par appuyer. Le silence règne dans la rue, aucune voiture ne circule à cette heure matinale de la journée. Le ciel est encore sombre mais l'horizon plus clair laisse présager que le soleil se lèvera d'ici quelques heures. Emmanuel patiente quelques secondes puis, n'ayant aucune réponse, appuie de nouveau. Toujours rien. Peut-être est-elle couchée ? Une partie de lui est soulagée. Pourtant l'autre reste inquiète et n'est pas rassurée pour autant. Est-ce bon signe ? Est-elle chez elle ? Emmanuel porta une main à sa nuque et fit quelques pas sur le perron de l'immeuble. Il ne savait pas quoi faire. Peut-être devrait-il repasser d'ici quelques heures, lorsque le jour sera levé afin de s'assurer qu'elle est vraiment rentrée ? Mais en attendant, il n'était pas certain qu'elle soit chez elle, elle pouvait être n'importe où, que devait-il faire ? Il appuya une nouvelle fois sur la sonnette en désespoir de cause puis fini par se résigner. Cependant, il ne voulait pas rentrer chez lui, il préférait attendre. Il s'asseya sur une des marches et porta sa main à sa poche. Il en sortit son paquet de cigarettes d'où il en tira une d'un geste vif. Il la porta à ses lèvres et approcha son briquet, s'apprêtant à l'allumer lorsqu'un cri étouffé se fit entendre.


_ « Isis ! »


Il se leva précipitamment et descendit les quelques marches, tendant l'oreille et essayant de capter le moindre indice quant à la provenance du bruit. Une voix d'homme brisa le silence. Elle lui fit froid dans le dos. Il s'en approcha et ce qu'il vit le mit hors de lui.


_ « Toi ! Lâche-là de suite si tu veux pas d'ennui ! »


Son doigts pointait l'homme d'un air menaçant et son visage affichait une expression renfrognée.


_ « J'ai rien fait ! Je l'ai pas touché » répondit l'homme, apeuré.
_ « T'as intérêt ! Dégage de là avant que j'appelle les flics »
_ « J'ai rien fait, j'vous jure ! »
_ « Dégage ! » cria Emmanuel.


L'homme partit sans demander son reste. Emmanuel se tourna vers Isis qui était accroupi par terre, son corps parcourut de tremblement et son tee-shirt déchiré.


_ « Quel salaud ! » Il se mit à hauteur d'Isis. « Vous allez bien ? Il vous a fait mal ? »


Isis avait le regard perdu dans le vague. Elle ne répondit rien, comme plongé dans un profond mutisme. Emmanuel tenta de la prendre dans ses bras pour la relever mais elle se mit à crier et à se débattre violemment.


_ « Eh ! Arrêtez ! C'est moi, c'est Emmanuel. Je ne vous veux pas de mal. Isis, écoutez-moi... »


Isis cessa de donner des coups à Emmanuel et leva la tête vers lui. Elle avait reconnu la voix du jeune homme et se calma instantanément.


_ « Emmanuel... »
_ « Je suis là. C'est fini. »


.......................................................................................................................................................................................


Pas satisfaite de cette suite >.<
Plus de dialogues dans le prochain chapitre. Je vous le poste dès demain.
30 Commentaires ?

Merci.

# Posté le samedi 18 avril 2009 13:34

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 09:46

C h a p i t r e. Q u a t r e. .. Ç a .M e .F a i t .D u .B i e n

C h a p i t r e. Q u a t r e.  ..  Ç a .M e .F a i t .D u .B i e n
L'amour est une question de timing, il faut beaucoup de chance pour tomber sur la bonne personne, au bon moment, au bon endroit.


.......................................................................................................................................................................................


_ « Vous savez, j'ai un peu l'impression d'être votre saveur en ce moment... »
_ « Je suis désolée. Ce n'était pas dans mes intentions. »
_ « Ça ne me déplaît pas ! »
_ « Ça me gène... »
_ « Ne le soyez pas ! »
_ « Pourquoi ? »
_ « Vous sauvez m'a permis de vous rencontrer. »


Isis se mit à rougir. Ce que venait de lui dire Emmanuel l'avait touché. C'est vrai que leur rencontre n'avait pas était des plus banales ! En l'espace de quelques heures, il l'avait déjà sauvé deux fois. Elle ne répondit pas et contempla le soleil qui se levait à l'horizon. Emmanuel l'observa quelques instants puis tourna la tête avant de contempler à son tour les rayons orangés du soleil qui éclairaient les toits de Paris. Isis ramena ses genoux près de sa poitrine et entoura ses jambes avec ses bras. Emmanuel lui avait prêté sa veste pour qu'elle n'ai pas froid. Elle l'avait d'abord refusé puis avait fini par accepter devant son insistance. Il était tellement doux et gentil avec elle alors qu'ils se connaissaient si peu. Cela la troublait. Elle brisa le silence qui s'était peu à peu installé.


_ « Merci... »


Emmanuel ne répondit pas, attendant qu'elle continue. Isis posa son regard sur lui et reprit.


_ « Merci d'être venu me retrouver et de... d'avoir empêcher cet homme de... »
_ « N'y pensais plus ! Ce n'était qu'un enfoiré. »
_ « Comment avez-vous su ? »
_ « Votre adresse ? »


Isis hocha la tête en signe d'approbation.


_ « La lettre. Dans votre veste. »
_ « Vous l'avez-lu ? » demanda t'elle, un peu inquiète.
_ « Non, bien sûr que non ! » la rassura t'il. « L'adresse était inscrite au dos. »
_ « Merci. »
_ « Arrêter de me remercier. Je n'ai rien fait pour. »
_ « Si. Si seulement vous saviez... »
_ « Dites-moi. »
_ « C'est une longue histoire... »
_ « J'ai tout mon temps ! »
_ « Elle n'est pas très gai non plus. »
_ « La vie n'est pas toujours rose... » Son regard se voila. « Mais prenez votre temps. Je ne veux pas vous forcer. »
_ « J'ai peur... »
_ « Peur ? »
_ « Peur que vous me jugiez, peur de l'avenir, peur de la vie... »
_ « Je ne suis pas là pour vous juger. »


Isis resta silencieuse quelques instants puis se décida finalement à lui expliquer les causes de son acte. Elle lui devait.


_ « Je suis dépressive. »
_ « Alors on est deux... »
_ « Vous aussi ? »
_ « Les médecins appellent ça angoisse ou déprime. Mais je ne suis pas aveugle. Je me rends compte que ça ne va pas... » Il marqua une pause. « C'est pour quelle raison vous ? »
_ « La mort d'un proche... Je n'arrive pas à m'y faire, je n'arrive pas à réaliser qu'il est parti et je... je sombre petit à petit... »


Isis tourna son regard vers Emmanuel. Une larme glissait sur sa joue. Cela la surprit.


_ « Vous aussi ? »


Emmanuel acquiesça.


_ « Vous voulez en parler ? »
_ « J'ai pas l'habitude de me confier... »
_ « Vous devriez essayer. Ça soulage. »


Elle lui souria doucement, comme pour l'encourager à se confier. Emmanuel la fixa puis lui dit.


_ « J'ai perdu mon frère il y a treize jours. Et j'ai aussi quitté ma petite amie par la même occasion. Une envie de repartir à zéro... »
_ « Je suis désolée. »
_ « Moi aussi ! »


Ils se fixèrent puis rigolèrent doucement.


_ « Regardez nous... Je ne devrais pas rire mais on est plutôt pitoyable. »
_ « Je vous l'accorde. » Elle remit une mèche de cheveux derrière son oreille puis reprit. « Je peux vous confier quelque chose ? »
_ « Bien sûr ! »
_ « C'est la première fois que je ris depuis la mort de Nathan. »
_ « Ça me fait plaisir ! » répondit-il en souriant. « Je peux vous avouer quelque chose moi aussi ? »
_ « Je vous écoute. »
_ « Moi non plus je n'avais pas ris depuis sa mort. »
_ « Et vous avez trouvé ça comment ? »
_ « J'ai l'impression de revivre ! Ça me fait un bien fou ! »
_ « Le rire est la meilleure des thérapies. » lui dit-elle en souriant. « C'est ce que me disais toujours mon médecin. »
_ « Il avait raison alors. »


Ils se regardèrent, se sourirent puis se replongèrent dans la contemplation de l'horizon. Le soleil était à présent haut dans le ciel, annonciateur d'une belle journée, et la ville, jusque là endormie avait repris son activité quotidienne. Les voitures circulaient à vive allure dans les rues, conduites par des personnes stressées et en retard et le chant des oiseaux avait vite été remplacé par un concert de Klaxons.


_ « Je peux vous inviter à petit-déjeuner avec moi ? » demanda Emmanuel.
_ « Avec plaisir. » répondit Isis en souriant.


Emmanuel souria à son tour puis se leva, accompagné d'Isis. Ils se mirent en marche, descendant la petite bute sur laquelle ils étaient montés quelques heures plus tôt puis rejoignirent une petite rue piétonne du quartier Montmartre. Leurs pas résonnaient sur les vieux pavés, et se perdaient parmi les nombreux autres bruits qui animaient la rue : bruit des stands qui se montent sur le marché, bruit des rideaux métalliques qui laisse apparaître les nombreuses vitrines, bruit des verres qui cognent contre les tables des bars ou encore des couteaux qui grincent contre les assiettes... Isis observait d'un oeil distrait ce qui l'entourait tandis qu'Emmanuel cherchait parmi les nombreux bars et restaurants celui qui leur conviendrait. Il s'arrêta devant un petit café d'allure simple et accueillante et se tourna vers Isis.


_ « Celui-là vous convient ? »
_ « Parfait ! »


Il souria à Isis puis prirent place sur la terrasse du café. Malgré les fraîches températures du mois de Février, le soleil réchauffait l'air, ce qui leur permettait de prendre place dehors sans avoir trop froid. Un serveur s'approcha d'eux et prit leur commande : deux grands cafés accompagnés d'un panier de viennoiserie, qu'il apporta quelques minutes plus tard. Emmanuel attrapa un croissant et croqua dedans à pleine dent tandis qu'Isis posa ses mains sur la tasse brûlante pour les réchauffer.


_ « Je peux vous poser une question ? »
_ « Mm' »
_ « Pourquoi êtes-vous partie de chez moi hier soir ? Je vous ai fait peur ? »


Isis baissa le regard vers sa tasse. Elle s'attendait à cette question. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait répondre. Elle-même ne savait pas expliquer son attitude.


_ « Vous m'en voulez ? »
_ « Non ! Je n'ai pas à vous en vouloir, vous êtes libre de vos actes. J'aimerai seulement comprendre. Ai-je fais quelque chose de mal ? »
_ « Je n'ai aucune explication à vous donner. J'ai paniqué, comme cela m'arrive souvent en ce moment. Moi-même je ne saurai expliquer mon attitude. »
_ « Ok. Je comprends. » Emmanuel souria. « La prochaine fois prévenez-moi, ça m'évitera de me faire un sang d'encre. »
_ « J'essaierai d'y penser. » répondit-elle en souriant.


# So little time Try to understand that I'm Trying to make a move just to stay in the game I try to stay awake and remember my name But everybody's changing and I don't feel the same #


Isis reconnu la chanson de Keane. Emmanuel porta sa main à la poche de son jean et en sortit son téléphone portable. Il s'excusa rapidement auprès d'Isis et se leva, décrochant quelques mètres plus loin.


# _ « Allo ? »
_ « Manu qu'est-ce-que tu fiches ? On t'attend ! »
_ « On m'attend ? Mais pourquoi ? On avait pas prévu de se voir aujourd'hui. »
_ « Il faut boucler la dernière chanson Manu ! Souviens-toi. On s'était donné rendez-vous il y a une heure. Tout le monde t'attend ! »
_ « Et merde ! Excuse-moi Yann j'ai complètement oublié, j'ai passé une nuit mouvementée... »
_ « C'est pas mon problème Manu. Tu es le premier à me dire que la vie privée ne doit jamais empiéter sur la vie professionnelle. Applique ce conseil vieux ! »
_ « Ok excuse-moi encore. Je suis là dans une demi-heure maximum. »
_ « Grouille-toi ! » #


Emmanuel rangea son portable et retourna auprès d'Isis qui l'attendait patiemment.


_ « Je suis désolé, je vais devoir vous quitter. Obligation professionnelle. »
_ « Je comprends, ne vous en faite pas. »
_ « Ça me gène de vous laisser comme ça. » Emmanuel porta sa main à sa nuque. « Ça vous dirait de m'accompagner ? »
_ « Je ne veux pas vous déranger. Je ne serai d'aucune utilité. »
_ « Venez. Je vous le propose. Votre présence me fait du bien. »
_ « D'accord. J'accepte. » répondit-elle après quelques secondes de réflexion.


Emmanuel souria, comme pour la remercier. Qu'elle accepte lui avait fait plaisir.


.......................................................................................................................................................................................

Qu'en pensez-vous ?
..................30 Commentaires ?

# Posté le dimanche 19 avril 2009 11:21

Modifié le jeudi 24 septembre 2009 05:35

C h a p i t r e. C i n q. .. S o i s .T r a n q u i l l e

C h a p i t r e. C i n q.  ..  S o i s .T r a n q u i l l e
« Ce qu'il reste de toi, un jour de février, un invisible froid, des souvenirs à trier, ta chaleur sur le sable,
des batailles dans la neige, un sentiment coupable, mon âme qui te protège. »
Ce Qu'il Reste De Toi - Grégoire


.......................................................................................................................................................................................


Emmanuel poussa la porte en PVC du studio d'enregistrement et laissa passer Isis devant lui. Ils pénétrèrent dans le hall d'entrée où Yann les attendait, faisant les cent pas dans la petite pièce.


_ « Manu enfin, c'est pas trop tôt. Dis, c'est qui cette fille ? Tu m'avais pas prévenu que tu emmenais quelqu'un avec toi. »
_ « Bonjour Yann. Oui moi aussi je vais bien merci. »
_ « Oui Oui bonjour. Excuse-moi mais on a pas le temps pour les politesses. On a réservé le studio pour la matinée et on a déjà perdu une heure. »
_ « Isis, je te présente Yann, un ami d'enfance et mon collaborateur aussi. Il m'aide sur mon deuxième album. »
_ « Enchantée » dit Isis, intimidée.
_ « De même » répondit Yann en lui serrant la main. « Vous êtes charmante. »
_ « Merci » dit-elle en rougissant.
_ « Bon Manu t'es prêt ? »
_ « Oui j'arrive. »
_ « Ok, je vais prévenir les autres. Tu nous rejoins. »


Yann partit, laissant Emmanuel et Isis se dévêtirent dans l'entrée.


_ « Je vous avais dit que j'allais me faire taper sur les doigts. »
_ « Il est toujours comme ça ? »
_ « Juste quand il est stressé ou contrarié, c'est-à-dire toujours. »
_ « Je vois. » souria t'elle.
_ « Donnez votre veste, je vais l'accrocher. »
_ « Merci. »
_ « Je vous en prie. Vous me suivez ? »
_ « Mm' »
_ « Ne vous inquiétez pas, ils ne sont pas méchants vous verrez. »
_ « Je vous fais confiance. »


Emmanuel souria et fit signe à Isis de le suivre. Ils passèrent une deuxième porte et se retrouvèrent dans une pièce un peu plus grande, insonorisée et sans fenêtre. Une console ainsi que quelques ordinateurs étaient posées sur un grand bureau au fond. Trois personnes s'occupaient de régler les nombreux boutons tandis que Yann, un casque sur les oreilles, faisait quelques arrangements sur l'ordinateur. Emmanuel s'avança pour dire « bonjour » à ses collègues, mais Isis resta en retrait, trop timide pour le suivre. Emmanuel le vit et lui fit signe d'approcher, lui souriant d'un air rassurant, ce qu'elle fit d'un pas hésitant.


_ « Les mecs, je vous présente Isis. Isis, je te présente Christian dit Ninjamix, Jérôme et Nicolas. »
_ « Bonjour » dit-elle doucement.
_ « Salut » répondirent-ils en choeur.
_ « Bon alors, on fait comment le piano et ensuite la voix ou les deux en même temps ? »
_ « C'est toi qui voit, tu le sens comment ? » demanda Christian.
_ « Essaye de le faire piano/voix d'abord ça donnera plus d'émotion. Si tu n'y arrives pas on se débrouillera autrement. » lui dit Yann qui avait posé son casque et avait rejoint le petit groupe.
_ « Ok, j'essaie ça. Vous m'arrêtez si ça va pas. Isis, tu peux t'asseoir sur le fauteuil si tu veux. »


Isis hocha de la tête en signe d'affirmation et se dirigea vers le fauteuil. Emmanuel passa une petite porte et se retrouva dans une autre pièce, que l'on apercevait à travers une grande vitre. Il s'asseya derrière le piano et remonta ses manches. Il ferma les yeux quelques instants, ses doigts à quelques centimètres des touches, comme pour évacuer au maximum toutes les pensées inutiles qui encombraient son esprit puis releva la tête et fit un signe pour dire qu'il était prêt. Yann appuya sur un bouton et posa son regard sur Emmanuel. Il souffla un bon coup puis la première note retenti. Elles s'enchaînèrent toutes les unes à la suite des autres puis Emmanuel mêla sa voix à la mélodie. Isis en eu des frissons.


Je sais la peine
Je sais les pleurs
Et les pensées
Que les mots ne peuvent apaiser.

Je sais l'absence
Je sais le manque
Et les regrets
Les souvenirs
Qu'il faut revivre
Et partager
Je sais tout ce qui est pour toi.

Sois tranquille
Tout va bien
Sois tranquille...

[...]

Je veille sur toi
Mon Frère...


Les dernières notes résonnèrent dans le studio silencieux. Emmanuel essuya d'une main les larmes qui coulaient sur ses joues et tourna son regard vers la vitre. Tout le monde paraissait bouleversé et personne n'osait brisé le silence qui s'était installé dans la pièce. Emmanuel se leva et passa de l'autre côté de la vitre. Il jeta un regard à Isis dont le visage était baigné de larmes et grimaça pour s'excuser de l'avoir fait pleurer, ce qui la fit sourire. Il rejoignit Yann, Christian, Jérôme et Nicolas, qui commençait déjà a apporter quelques arrangements à la chanson. Il s'asseya et les questionna du regard.


_ « C'était parfait. Je ne sais pas ce que les autres en pense mais je crois qu'on va garder cette prise. » répondit Yann.
_ « Nan, t'as raison, celle-ci est parfaite. » acquiesça Jérôme.
_ « J'ai ajouté les cordes, il te reste plus qu'à enregistrer les choeurs Manu. » enchaîna Nicolas.
_ « Ok, j'ai ma petite idée. Vous pouvez m'envoyer la musique je vais essayer quelque chose. »
_ « Pas de problème, c'est toi le chef. »


Emmanuel retourna dans le studio, se plaça devant un micro et mit un casque sur ses oreilles. Il était prêt. Il fit un signe de main à ses amis, qui lancèrent la musique, et ferma les yeux pour se concentrer. Les premières notes résonnèrent à ses oreilles et l'apaisèrent. Les yeux toujours clos, il entama les choeurs, sa voix se mêlant parfaitement à la mélodie et créant dans toute la pièce une émotion profonde. Lorsqu'il eu fini, il revint de nouveau de l'autre côté de la vitre et s'installa près des autres afin d'écouter son travail. Son visage était fermé, sans aucune expression, Emmanuel absolument concentré sur le son qui sortait des enceintes.


_ « Ça ne va pas ! » dit Emmanuel lorsque le morceau prit fin.
_ « Qu'est-ce-qui ne va pas ? » demanda Yann, perplexe.
_ « C'est trop uniforme, il n'y a aucune émotion. Il manque quelque chose ! » poursuivi Emmanuel.
_ « Peut-être. Mais l'émotion y ai, ne le nie pas ! » reprit Yann.
_ « Pas assez à mon goût. J'aimerai bien rajouté une autre voix, une voix féminine... »
_ « Tu veux qu'on appelle Claire ? »
_ « Non, pas Claire. Je pensais plutôt à ... »


Emmanuel se tourna vers Isis, toujours assise dans le fauteuil et lui souria. Isis le regarda, perplexe, puis, lorsqu'elle comprit l'intention d'Emmanuel, se leva précipitamment.


_ « Non, ne comptez pas sur moi, je ne sais pas chanter ! » dit Isis rapidement.
_ « Allez, je suis sûr que si. Faites au moins un essai pour que je vois si mon idée est bonne. » répondit Emmanuel, qui c'était rapproché d'Isis.
_ « Non... Je vais mal le faire... »
_ « Juste un essai... Pour moi... » insista Emmanuel, son regard plongé dans celui d'Isis pour tenter de la convaincre.
_ « Bon, parce que c'est vous ! Mais je vous assure que je ne sais absolument pas chanter, je vais massacrer votre chanson ! »
_ « Je suis convaincu du contraire. Je suis sûr que vous allez être étonné ! »
_ « Si vous le dites ! »


Emmanuel posa sa main dans le dos d'Isis et la poussa doucement vers le studio. Isis se laissa faire en traînant quelque peu des pieds puis se plaça sous le micro, aux côtés d'Emmanuel. Elle attrapa le casque que lui tendait Emmanuel en souriant et le mit contre ses oreilles. Emmanuel fit de même et lui prodigua un dernier conseil avant que la musique soit lancée.


_ « Laissez vous porter par la musique et votre voix suivra. »


Isis acquiesça faiblement puis la musique démarra. Emmanuel ferma de nouveau les yeux, se replongeant dans l'univers qu'il aimait tant puis joignit sa voix à la mélodie le moment venu. Après hésitation, Isis suivit son instinct et se laissa porter par la musique. Lorsqu'elle se sentit prête, elle ajouta sa voix, d'abord faiblement puis peu à peu de manière plus certaine, absolument étonné de ses capacités de chanteuse. La musique cessa. Emmanuel ouvrit les yeux et posa son casque sur son support. Il souria à Isis qui elle, grimaça. Emmanuel lui fit un clin d'oeil et l'invita à retourner dans l'autre pièce, où ils prirent place près des autres.


_ « Bon alors, prêt à écouter ? » demanda Yann.
_ « Envoie » répondit Emmanuel, sourire aux lèvres.


Ils écoutèrent de nouveau ce même morceau, chacun plongé dans le plus profond silence et lorsque celui-ci prit fin, aucun ne prit la parole, attendant le verdict d'Emmanuel.


_ « Alors à part ça vous ne savez pas chanter ? » demanda Emmanuel à Isis, brisant le silence.
_ « Mm' » répondit Isis, gênée.
_ « Détendez-vous, vous avez une voix exceptionnelle ! Je vous avez dit que vous vous surprendriez. » lui dit-il doucement en souriant.
_ « Donc j'en conclu que ça te plaît. » ajouta Yann à l'attention d'Emmanuel.
_ « Bien sûr que ça me plaît ! Le mariage de nos deux voix est parfait, je retrouve l'émotion que j'avais imaginé et que je voulais. Je pense qu'on est bon ! » souria Emmanuel.
_ « Et bien les gars, je crois qu'on peut sortir la bouteille de champagne ! » dit Yann, avant d'ajouter. « Félicitations Manu, ton deuxième album est terminé... »

Emmanuel souria doucement mais ne répondit rien. Depuis le temps qu'il attendait cet album, celui qui refléterait réellement l'être qu'il était, celui pour lequel il avait travaillé avec acharnement dans le but qu'il soit le plus proche possible de ses convictions, celui pour lequel il avait passé tant de nuits blanches avec Yann à composer des textes ou des mélodies, cet album qu'il avait crée du début à la fin, son deuxième album !


.......................................................................................................................................................................................

........................
Pas satisfaite de ce chapitre...
...Vos impressions ?
.......................................................................................................................................30 Commentaires ?

# Posté le vendredi 01 mai 2009 15:10

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 09:47

C h a p i t r e. S i x. .. M a m a n

C h a p i t r e. S i x.  ..  M a m a n
« On aimerait tout oublier souvent et partir comme ça sans raison et tout laisser le pire le bon. On aimerait pouvoir courir au vent, lâcher les brides jusqu'à l'allée ne plus sentir toutes ces années... »
On aimerait bien - Guillaume Cantillon


.......................................................................................................................................................................................


_ « Manu ! Manuu ! »


Emmanuel secoua la tête et chassa ses pensées. Il se tourna vers Yann qui lui tendait une coupe de champagne.


_ « Alors Manu, tu pensais à quoi ? »
_ « A rien... »


Emmanuel attrapa la coupe de champagne que lui tendait son ami et se leva. Il alla s'adosser contre le mur et but une gorgée. Yann l'observa quelques secondes puis décida de ne pas le questionner. Emmanuel parlerait de lui-même. Il posa son regard sur Isis, quelque peu à l'écart du groupe et l'air plutôt mal à l'aise. Il attrapa une deuxième coupe et la rejoignit.


_ « Champagne ? » demanda Yann à Isis.
_ « Merci. » répondit-elle doucement, attrapant la coupe.
_ « Alors comme ça vous êtes une amie de Manu ? » poursuivit-il.
_ « Je ne sais pas... On se connaît depuis peu. »
_ « La nuit agitée, c'était vous ? »


Isis regarda Yann, perplexe.


_ « Pour s'excuser de son retard, Manu m'a dit qu'il avait eu une nuit agitée. Je suppose qu'il était avec vous ? » tenta-t'il de lui expliquer.
_ « Ah ! Oui, c'était moi... » répondit-elle en baissant la tête.
_ « Il ne m'a pas dit comment vous vous étiez rencontré... »
_ « Longue histoire... » Isis marqua une pause, faisant tourner sa coupe de champagne entre ses doigts. « On peut dire qu'il était au bon endroit au bon moment... »


Yann acquiesça mais ne répondit rien, ne voulant pas brusquer la jeune femme. Il reposa son regard sur Emmanuel, toujours adossé au mur, le regard dans le vide. La voix d'Isis résonna à ses oreilles.


_ « Ça fait longtemps que vous connaissez Emmanuel ? » demanda-t'elle timidement.
_ « Depuis toujours. » répondit Yann en souriant. « Vous savez, c'est un homme très sensible, en perpétuel conflit intérieur. Il se pose énormément de questions, il a peur de déplaire, de ne pas être à la hauteur. Pourtant, il est intelligent et a déjà compris bien plus de choses que nous tous réuni. » Il se tut quelques instants puis reprit. « Il ira loin, j'en suis persuadé ! »
_ « Je lui souhaite, il a vraiment beaucoup de talent. Je suis impressionnée. »
_ « Vous êtes une de ses fans ? »
_ « Non. Je le connaissais seulement de nom. »
_ « Tant mieux. »
_ « Comment ça ? »
_ « Il aura moins de mal à s'attacher, se confier. Il entretient un rapport particulier avec ses fans, mais jamais il ne fera d'eux ses amis, question de vie personnelle. »
_ « C'est compréhensible. »
_ « Vous voulez que je vous fasse une confidence ? »
_ « Si vous voulez. »
_ « Je pense que Manu s'est déjà beaucoup attaché à vous. Ça se voit dans ses yeux, dans ses gestes quand il vous regarde ou quand il vous parle. Mais il est trop timide pour vous l'avouer. Je pense que vous l'impressionner ! »
_ « Moi ? »
_ « Oui vous ! »
_ « Mais pourquoi ? C'est plutôt moi qui devrait être impressionné ! »
_ « Allez lui poser la question. »
_ « Je vais le déranger... »
_ « Mais non, allez-y, il n'attend que ça ! »
_ « Vous êtes sûr ? »
_ « Certain ! » répondit Yann, poussant doucement Isis vers Emmanuel.


Isis se dirigea doucement vers Emmanuel puis s'adossa à côté de lui. Elle posa son regard sur son visage figé, et se racla doucement la gorge pour lui indiquer sa présence. Emmanuel tourna doucement la tête vers elle puis lui souria timidement.


_ « Vous... allez bien ? » demanda Isis timidement.
_ « Oui, je... ça va. » répondit doucement Emmanuel.
_ « Yann m'a dit que je pouvais venir vous voir, mais je ne voudrais pas vous déranger. » poursuivit Isis, quelque peu gênée.
_ « Non, vous ne me dérangez pas, j'étais juste en train de ... penser. » la rassura Emmanuel.
_ « Vous pensiez à quoi ? » demanda Isis avant de porter une main à sa bouche. « Excusez-moi, ça ne me regarde pas, je suis trop curieuse ! »
_ « Arrêtez » répliqua Emmanuel en riant doucement. « Arrêtez d'être gênée à chaque fois que vous me parlez, que vous me posez une question ou que vous faites un geste qui vous paraît déplacer. Je ne vais pas vous manger, même si vous me paraissez très appétissante ! »


Isis baissa la tête en rougissant, se retenant de s'excuser une énième fois. Elle aurait voulu être plus confiante et ne pas passer pour une fille coincée qui sait à peine tenir une conversation sans que les mots « Désolé » ou « Excusez-moi » ne rythment chaque phrase. Elle regrettait la « Isis » qu'elle était avant la mort de Nathan, cette jeune fille extravertie et pleine de joie de vivre qui n'avait peur de rien. Malheureusement, la mort de Nathan l'avait changé sans qu'elle réagisse, trop faible mais surtout trop lâche pour essayer de changer les choses. La voix d'Emmanuel la sortit de ses pensées.


_ « Vous voulez savoir à quoi je pensais ? »
_ « Seulement si vous voulez me le dire. »
_ « Je pensais que l'on pourrait se tutoyer... Enfin seulement si vous le voulez ! »
_ « Accordé ! » répondit-elle rapidement, sourire aux lèvres.
_ « Quel enthousiasme ! » observa Emmanuel en riant.
_ « J'ai toujours eu beaucoup de mal à vouvoyer les gens... »
_ « Tu n'as pourtant eu aucun mal avec moi ? »
_ « Parce que ça me paraissait naturel. »
_ « Du fait que je sois un chanteur populaire ? »
_ « Pas seulement. Je ne t'avais pas reconnu au début. Et puis tu as commencé à me vouvoyer... »
_ « Je ne voulais pas t'effrayer, c'est plus rassurant de voir qu'un inconnu te vouvoie plutôt qu'il te tutoie. Enfin moi ça me rassure. »
_ « C'est vrai. »
_ « A quel moment tu m'as reconnu ? »
_ « Quand j'ai vu le poster, dans le salon. »
_ « Pas avant ? »
_ « J'avais des doutes, ton visage me disait quelque chose mais je n'arrivai pas à mettre un nom dessus. »
_ « Ok. » répondit doucement Emmanuel en hochant la tête.
_ « Ça t'étonne ? » demanda Isis.
_ « Non, au contraire. Je ne me suis pas encore habitué au fait que je sois devenu quelqu'un de célèbre et reconnaissable à tout moment. »
_ « Ça te déplaît ? »
_ « Non parce que les gens savent rester poli avec moi. Heureusement d'ailleurs ! »
_ « Et tu n'as pas peur pour ton prochain album ? » le questionna t'elle.
_ « Si, bien sûr. Mais c'est normal je pense. En plus, j'ai pris un risque en changeant d'univers. Mais c'est mon univers. Cet album est au plus proche de moi, je ne peux pas faire plus sincère, alors j'espère que les fans suivront... C'est ma seule crainte. » répondit Emmanuel, le regard dans le vague.
_ « Ils suivront, ne t'inquiètes pas. » essaya t'elle de le rassurer.
_ « J'aimerai avoir ton assurance. »
_ « Ne dis pas n'importe quoi... » répondit-elle en baissant la tête.
_ « Tu sais, j'aimerai vraiment apprendre à te connaître... » lui dit-il d'un regard fixe.
_ « C'est vrai ? »
_ « Oui. Ça t'étonnes tant que ça ? »
_ « Un peu. J'ai pas l'habitude c'est tout. »
_ « L'habitude qu'on cherche à te connaître ? »
_ « Oui... Depuis la mort de Nathan, je me suis plutôt renfermée sur moi-même, mes amis m'ont laissé tomber, ma famille ne va sûrement pas tarder à le faire... Enfin, je ne sais même pas pourquoi je te dis tout ça... » dit-elle, une larme s'échappant de ses yeux.
_ « Tu en avais besoin c'est tout. » répondit-il, se tournant vers Isis et essuyant de son pouce la larme qui glissait sur sa joue. « Tu te poses trop de questions. » enchaîna-t'il.
_ « Je sais... J'aimerai que tout cela s'arrête, revenir en arrière, oublier ces six horribles derniers mois... ».
_ « Malheureusement, on est obligé de faire avec ! »
_ « C'est dur... »
_ « Tu sais, si tu essayais de voir les choses d'une autre manière, en laissant de côté toutes ces choses négatives qui nous bouffent au quotidien et en profitant de ce que la vie nous offre de plus beau, de plus simple, peut-être que tu te sentirais mieux... »
_ « Ce n'est pas si simple ! »
_ « Manu, oublie pas que tu as une séance photo à 13 heures ! » rappela Yann, se rapprochant d'Isis et Emmanuel.
_ « Mince ! Il est quelle heure ? »
_ « 12h24. » répondit Yann après avoir consulté sa montre. « Tu manges chez toi ? »
_ « J'aurai pas le temps. » répondit Emmanuel, une main derrière sa nuque, cherchant une solution.
_ « Je vais aller te chercher un sandwich au restau d'à côté, file te préparer. » proposa Yann.
_ « Ok ! » le remercia Emmanuel. « Isis, tu m'excuses je vais une fois de plus devoir m'échapper. »
_ « C'est pas grave t'en fais pas ! J'allai partir de toute façon. »
_ « Je suis désolé. Laisse-moi ton numéro, j'aimerai vraiment qu'on se revoie, enfin si tu y tiens ! »
_ « Bien sûr. Tu notes ? »


Emmanuel attrapa son téléphone portable dans sa poche de jean et entra le numéro d'Isis dans son répertoire. Ils parlèrent encore quelques instants puis se quittèrent, Emmanuel pressé par son rendez-vous. Isis poussa la porte du petit studio d'enregistrement et frissonna au contact de l'air frais. Elle réajusta le col de sa veste et s'engagea d'un pas rapide dans la rue. Le soleil du matin avait été chassé par d'épais nuages grisâtres et un vent frais balayait la rue et cinglait le visage des passants. Malgré tout, Isis était de bonne humeur. Sa rencontre avec Emmanuel lui avait fait un bien fou, elle se sentait revigorée, heureuse, mais pour combien de temps ? Elle avait pris l'habitude de ses sautes d'humeur, tantôt heureuse, tantôt malheureuse. Mais peut-être qu'aujourd'hui, tout serait différent... La sonnerie de son portable la sortit de ses pensées. Elle fouilla dans son sac et en sorti le petit appareil. Dix appels en absence de sa mère et un sms d'un numéro inconnu. Elle ouvrit directement le sms, ignorant les appels de sa mère.


« Salut Isis, c'est Manu. Je sais que tu viens à peine de partir mais je voulais m'excuser encore de devoir te laisser en plan =S. Pour me faire pardonner, que penses-tu d'une ballade demain ? J'aimerai te montrer un petit coin sympa que je connais. Aussi, je suis contente d'avoir fait ta connaissance, malgré les circonstances... A bientôt :) »


Isis souria doucement puis rangea son téléphone. Elle répondrait plus tard, avant, elle avait quelque chose à faire. Elle parcourut les rues rapidement puis s'arrêta devant un immeuble. Elle monta les quelques marches qui la séparait du perron puis appuya sur l'interphone. Une voix inquiète répondit.


_ « Maman c'est moi. » dit Isis à travers l'appareil.
_ « Isis, ma puce, mais où étais-tu ? »
_ « Je t'expliquerai. Ouvre-moi s'il-te-plaît. »
_ « Tu connais le chemin. » répondit sa mère avant d'ouvrir la porte.


Une déclic retentit et la porte d'entrée de l'immeuble s'entrouvrit. Isis la poussa et savoura la douce chaleur qui régnait dans le hall d'entrée avant d'appeler l'ascenseur. Celui-ci s'ouvrit sur un couple d'un certain âge qui la dévisagea. Isis leur adressa un sourire forcé puis appuya sur le bouton du deuxième étage. Dans l'immeuble, tout le monde était au courant de ce qu'il s'était passé et dès qu'elle avait le malheur de venir voir ses parents, les gens l'observaient telle une bête curieuse. Elle ne supportait vraiment plus cette situation ! Et cela l'encourageait encore plus à changer. Une sonnerie retentit et les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Elle fit quelques pas sur le palier et prit le temps de se recoiffer dans le grand miroir avant d'aller sonner chez ses parents. Elle tenait à être un minimum présentable malgré le fait qu'elle ne se soit pas changé ni lavé depuis hier matin. Sa mère ouvrit la porte et la serra dans ses bras. Isis se laissa faire et l'embrassa sur la joue.


_ « Bonjour Maman. Tu vas bien ? » demanda Isis.
_ « Isis. Tu m'as fait une peur bleue. Je n'avais plus de nouvelles depuis une semaine, ta soeur non plus. On a cru que... enfin. Je suis rassurée maintenant. »
_ « Je vais bien Maman ! »
_ « Appelle-moi la prochaine fois, ça évitera à mon vieux coeur de s'inquiéter... »
_ « Promis. Je suis désolée. » lui dit-elle avant de déposer un baiser sur sa joue. « Papa et Isatys sont là ? »
_ « Non, ils sont partis faire quelques courses. Je suis resté à la maison au cas où tu reviendrais. »
_ « Et... Charlotte ? » demanda-t'elle en grimaçant.
_ « Elle dort. » la rassura sa mère avant de poursuivre. « Elle te réclame tu sais. »
_ « Je sais. Mais ça va changer, je te le promets ! »


Sa mère la regarda, les yeux brillants, mais ne répondit rien. Combien de fois avait-elle entendu sa fille lui tenir ce discours... Elle espérait seulement que cette fois-ci serait la bonne. Elle croyait en Isis, elle savait que cette période ne durerait pas éternellement. Ce n'était qu'une passade, une passade qui durait depuis trop longtemps déjà ! Elle caressa la joue de sa fille en lui souriant puis l'encouragea d'un geste. Isis souria puis traversa l'appartement avant de s'arrêter devant une porte fermée. Dessus, des lettres en bois en forme d'animaux formée le prénom « Charlotte » et quelques photos étaient accrochées. A nouveau, un sourire se forma sur le visage de la jeune femme. Elle toucha du bout des doigts une photo qui lui tenait à coeur puis ouvrit doucement la porte. Elle passa sa tête à l'intérieur de la pièce plongée dans la pénombre et posa son regard sur le petit lit placé au fond de la chambre, contre le mur. Elle s'approcha sur la pointe des pieds et posa ses mains sur le meuble en bois. Dedans, une petite fille d'environ deux ans dormait à poings fermés. Quelques larmes glissèrent sur les joues d'Isis, des larmes de joie. Doucement, elle posa sa main sur la joue de Charlotte et la caressa doucement. La petite se réveilla et posa ses yeux noisettes sur la jeune femme, avant de tendre les bras en demandant doucement.


_ « Maman ! »


.......................................................................................................................................................................................


J'espère que ce chapitre rattrape mon retard :S
Donnez moi votre avis :)
A bientôt
AfterTonightFiction

# Posté le dimanche 17 mai 2009 15:09

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 09:49

C h a p i t r e. S e p t _ B o n h e u r . R e t r o u v é

C h a p i t r e. S e p t  _  B o n h e u r . R e t r o u v é
« Il ne reste rien de tous ces moments que le temps efface, rien de tous ces instants que rien ne remplace rien, rien plus de sentiments quand il faut faire face, rien rien rien, rien que le bruit du vent et le temps qui casse, rien de ce qu'on aimait tant plus aucunes traces, rien plus de sentiments c'est comme une impasse rien... »
On Ne Garde Rien - Christophe Maé


.......................................................................................................................................................................................


Isis se pencha contre le lit et prit sa fille dans ses bras. Elle la serra contre elle et la berça doucement, heureuse de la retrouver de nouveau. Voilà trois semaines qu'elle n'était pas venu voir Charlotte et il fallait avouer qu'elle lui avait manqué. Elle avait eu sa fille à 21 ans, avec Nathan. Charlotte était le seul souvenir qu'il restait de lui, un petit bout d'eux. Mais depuis sa mort, Isis avait eu beaucoup de mal à accepter sa fille, lui rappelant trop qu'il était parti. Heureusement que sa mère et sa soeur avaient été là pour s'en occuper. Mais maintenant, tout irait mieux. Elle voulait de nouveau l'avoir près d'elle, ne plus la quitter. Elle essuya les larmes qui coulait sur ses joues et couvra sa fille de baisers.


_ « Je suis là Charlotte ! Maman est là mon bébé. Tout va redevenir comme avant maintenant, je ne vais plus te quitter, je serai toujours là ! Tu m'as manqué ma puce... »


Isis porta sa fille à bout de bras et l'observa, sourire aux lèvres. Elle avait encore changé. Son petit visage de bébé se transformait de plus en plus en visage enfantin, en visage de petite fille. Ses cheveux châtains étaient légèrement bouclés, comme son père. Mais elle avait les yeux noisettes de sa mère, des yeux de biche. Elle était à croquer. Isis l'embrassa à nouveau avant de la serrer contre elle. Puis, elle se dirigea vers la porte et rejoignit sa mère, assise dans le salon.


_ « Tu aurais du la remettre au lit, elle va être grognon ce soir. » conseilla la mère d'Isis.
_ « Je m'en occuperai. »
_ « Tu ne seras pas là cette nuit, quand elle pleurera. »
_ « Si. Je veux la ramener à la maison. »
_ « C'est de la folie ! Tu n'es pas encore prête à t'en occuper ! »
_ « Qu'est-ce-que tu en sais ? J'ai changé, je vais mieux ! »
_ « C'est tout ce que je souhaite. Mais je te sens encore fragile... »
_ « Je vais mieux maman, je te jure. Je me sens prête à la reprendre. Laisse-moi essayer ! »
_ « Je ne sais pas ma puce... J'aimerai tu le sais bien. On en parlera avec ta soeur quand elle rentrera. »
_ « Fais-moi confiance, s'il-te-plaît. Je veux vous montrer que j'ai changé, que je vais mieux, et reprendre Charlotte en ai le meilleur moyen. »
_ « On en reparlera tout à l'heure. » la coupa sa mère. « Dis-moi plutôt ce que tu as fait cette semaine. »
_ « Ma vie va changer maman, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a redonné confiance en moi, qui m'a redonné espoir... »
_ « Un homme ? »
_ « Oui. »
_ « Enfin. » souria sa mère.
_ « Maman ! » rigola Isis avant de reprendre. « Je lui dois tout... »
_ « J'avais raison de m'inquiéter alors... »
_ « Non maman, plus maintenant. Il m'a sauvé, sans lui je ne serai sûrement plus là mais il m'a ouvert les yeux. »
_ « Et je le connais ? »
_ « Je pense oui. Tu te souviens de la Comédie Musicale dont j'étais fan ? »
_ « Le Roi Soleil ! Comment oublier ! »
_ « Oui. Une belle époque... » dit-elle d'une voix nostalgique avant de reprendre « Enfin, c'est Emmanuel. »
_ « Emmanuel, le roi ? » s'étonna sa mère.
_ « Oui maman, le Roi, Emmanuel Moire. »
_ « Tu rigoles ? Tu me fais marcher ? »
_ « Non, je te jure ! » lui dit-elle en souriant. « C'est un homme charmant, d'une grande gentillesse. Il m'a hébergé chez lui cette nuit, il m'a retrouvé lorsque je me suis enfuie... On a beaucoup parlé, et j'ai beaucoup réfléchie aussi... »
_ « Je pourrais le remercier quand je le verrai. »
_ « Oui tu pourras maman. »


Isis posa son regard sur sa fille, qui s'était rendormie sur ses genoux et caressa sa petite main du bout des doigts. Puis, un bruit de serrure résonna dans l'appartement et la porte s'ouvrit sur son père et sa soeur, Isatys.


_ « Isis ? » s'étonna son père en voyant sa fille assise dans le canapé.
_ « Papa ! »


Isis se leva et allongea sa fille sur le canapé en prenant garde de ne pas réveiller, avant d'aller dans les bras de son père. Ce dernier la serra contre lui et lui demanda.


_ « Où étais-tu passé ? »
_ « Longue histoire, maman t'expliqueras ! »
_ « D'accord, d'accord... »


Isis se détacha de l'étreinte de son père puis se dirigea vers sa soeur qu'elle serra chaleureusement.


_ « Isis, tu m'as manqué ! »
_ « Je sais, je suis désolée. Je vais me rattraper à présent. »
_ « Pour de vrai ? »
_ « Pour de vrai ! » acquiesça Isis avant d'ajouter en souriant « Isis est de retour ! »
_ « Si tu savais comme ça fait du bien de te retrouver ! »
_ « J'espère. » souria-t'elle. « J'ai une faveur à te demander... »
_ « Dis-moi. »
_ « J'aimerai reprendre Charlotte avec moi. Maman n'est pas très convaincu. Tu en penses quoi ? »


Isatys s'accorda quelques secondes de réflexion avant de répondre à sa soeur.


_ « Si tu es sûre de toi, je ne vois pas où est le problème. J'en parlerai à maman. »
_ « Merci. Je savais que je pouvais compter sur toi. » la remercia Isis.
_ « Je serai toujours là pour toi ! »


Isis lui souria puis entraîna sa soeur sur le canapé, où s'était déjà installé son père. Charlotte s'était réveillé et s'était assise sur le fauteuil. Quand elle vit sa mère, elle l'appela en souriant.


_ « Mama ! Mama ! »
_ « Mon ange ! » lui dit Isis en la prenant et l'asseyant sur ses genoux.
_ « Maman, je pense que tu devrais laisser une chance à Isis. Laisse-là reprendre Charlotte. » dit Isatys à sa mère.
_ « Je ne sais pas. Je ne te sens pas encore prête. » dit-elle à Isis.
_ « Maman, si ça peut te rassurer, je veux bien aller passer quelques jours chez Isis. Enfin si tu es d'accord Isis ? »
_ « Bien sûr, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas retrouvé toutes les deux. »
_ « D'accord. » accorda leur mère avant de reprendre « Mais si ça ne va pas Isis, on reprend Charlotte jusqu'à nouvel ordre. »
_ « Je te promets que ça ira maman, je vais tout faire pour ! »
_ « J'espère bien. »
_ « Je suis sa mère maman ! Avant que tout cela n'arrive, tu n'avais rien à me reprocher. »
_ « Non, en effet. Mais tu as changé depuis. »
_ « Fais-lui confiance maman. »
_ « Je vais essayer. Promis. Et si tout se passe bien, je te laisserai ta fille. »
_ « Merci maman. »
_ « Tu sais, je n'espère que ça, que tout redevienne comme avant. Tu crois que ça me fait plaisir de devoir garder ta fille parce que tu es incapable de t'en occuper ? »
_ « Je suis désolée maman. Je sais que mon comportement n'a pas été exemplaire ces derniers temps mais je vais me reprendre. Tu verras, tout va redevenir comme avant, mais sans Nathan... »
_ « Je suis désolée ma puce, mais il va falloir que tu fasses ton deuil. Nathan ne reviendra pas... Mais regarde le bon côté des choses, il t'a fait le plus beau cadeau qu'un homme puisse te faire : Charlotte. »
_ « Je vais changer maman. Pour elle. »
_ « J'en suis sûre. » acquiesça-t'elle avant de reprendre « Allez, va préparer ses affaires et partez vous balader toutes les trois, ça va vous faire du bien. »
_ « Merci maman. »


Isis cala Charlotte contre sa hanche et se dirigea vers la chambre de la petite afin de rassembler quelques affaires. Elle la déposa dans son parc et sortit un sac de l'armoire avant d'ouvrir la commode. Isatys entra dans la chambre et l'aida tout en discutant.


_ « Tu sais, maman fait ça pour ton bien. Elle a peur. » dit Isatys à sa soeur.
_ « Je veux lui prouver que j'ai changé, que je suis responsable. » répliqua Isis.
_ « Je te crois Isis, mais vas-y doucement, ne fais pas n'importe quoi. »
_ « Mais je ne vais pas faire n'importe quoi bordel ! J'ai 23 ans, une fille de presque 2 ans, je me dois d'être responsable. Je sais encore ce que je dois faire... »
_ « Calme-toi Isis. Moi je te fais confiance, je sais que tu vas faire le nécessaire pour nous prouver que tu as changé. » la rassura Isatys. « Allez viens, on viendra chercher le reste plus tard. »
_ « Oui, j'arrive. » répondit-elle. « Isatys ! »
_ « Oui ? »
_ « Merci ! » souria-t'elle.


Isatys lui fit un clin d'oeil puis retourna dans le salon. Isis cala le sac sur son épaule et Charlotte dans ses bras puis suivie sa soeur. Elle salua ses parents puis les deux soeurs sortirent de l'appartement, après avoir mis Charlotte dans sa poussette. Elle se dirigèrent tranquillement vers l'appartement d'Isis, qui n'était qu'à quelques rues de celui de ses parents.


_ « Alors, tu veux faire quoi cette après-midi ? » demanda Isatys.
_ « Me laver déjà ! » répondit Isis en riant.
_ « Te laver ? » s'étonna sa soeur.
_ « Oui, j'ai passé la nuit et la matinée à l'extérieur, j'ai pas eu le temps de repasser à la maison. »
_ « Han et raconte-moi, t'étais où ? » la questionna Isatys, curieuse.
_ « Avec Emmanuel Moire ! »
_ « Nan, tu plaisantes ! »
_ « Je te jure ! »
_ « Tu as passé la nuit avec Emmanuel Moire ! »
_ « Oui, mais c'est pas ce que tu crois ! »
_ « Ah mais je crois rien, tu fais ce que tu veux. »
_ « Arrête, tu sais très bien que j'en serai incapable. »
_ « Mais qu'est-ce-que tu faisais avec lui ? Comment tu l'as rencontré ? »
_ « Hum, il... il m'a... empêché de sauter d'un pont... » répondit Isis sans oser regarder sa soeur.
_ « Isis ! »
_ « Je suis désolée, j'allais vraiment pas bien ! »
_ « Mais pourquoi tu ne m'as pas appelé ? »
_ « Je voulais pas te déranger une fois de plus... »
_ « Isis... »
_ « Je suis désolée... »
_ « Bon, le principal c'est que tu sois là ! » répondit Isatys. « Et alors, il est comment Emmanuel Moire ? » reprit-elle après un court silence.
_ « Très sympa ! Tu verras, je te le présenterai. »
_ « Tu vas le revoir bientôt ? »
_ « Il veut qu'on se voit demain. »
_ « La chance ! » lui dit sa soeur d'un ton rêveur.
_ « Tu sais, c'est un homme comme les autres. »
_ « Non, je ne sais pas justement. » dit-elle en rigolant.
_ « Je lui demanderai si tu peux venir. » souria-t'elle.
_ « T'es folle. Je ne saurai même pas quoi lui dire. »
_ « Toi, la plus grande bavarde de toute la ville ? »
_ « Bon, d'accord, j'aurai plein de choses à lui dire... Mais quand même. » rigola-t'elle.
_ « Tu vois. » Elle se tut quelques instants avant de reprendre. « Tu m'aides à monter la poussette ? »


Isatys acquiesça puis attrapa le devant de la poussette tout en calant son sac sur son épaule. Isis prit l'autre bout puis elles montèrent les quelques marches qui les séparaient de l'entrée de l'immeuble. Isis tapa le code sur le petit interphone puis poussa la porte en verre. Elle habitait dans un immeuble plutôt chic, propre mais surtout privé. Elle l'avait choisi avec Nathan il y a bientôt deux ans, suite à sa grossesse et ne l'avait jamais quitté depuis car elle s'y sentait bien. Son appartement comptait trois grandes pièces : un salon - salle à manger, une cuisine et une grande chambre. Il y avait aussi d'autres pièces, plus petites, telles qu'une salle de bain, des cabinets, une chambre d'ami et la chambre de Charlotte. Cela pouvait paraître grand pour un jeune couple mais ils avaient les moyens de se l'offrir, Nathan exerçant, à l'époque, un métier qui leur permettait de subvenir largement à leur besoin. Depuis, c'était les parents d'Isis qui payaient le loyer, jusqu'à ce que celle-ci reprenne son travail de journaliste. Isis inséra sa clé dans la serrure et appuya sur la poignée. Une odeur de renfermé s'échappa de l'appartement, plongé dans la pénombre, ce qui provoqua des cris de protestation chez Isatys.


_ « Pouah Isis, depuis quand tu n'as pas aéré ici ? » dit-elle d'un ton de dégoût.
_ « Je sais pas, quelques jours... » répondit Isis sans tenir attention de l'expression de sa soeur.
_ « Quelques mois plutôt ! Cette odeur me répugne ! » reprit-elle avant de se diriger vers les fenêtres et d'ouvrir volets et vitres. « Allez file à la douche, je m'occupe de ranger un peu, cet appartement est un vrai dépotoir ! »
_ « Si tu le dis. Tu surveilles Charlotte ? »
_ « File ! Je m'en occupe ! »
_ « D'accord, très bien. »


Isis leva les yeux au ciel puis se dirigea vers sa chambre. Elle sortit quelques affaires propres de l'armoire puis se dirigea vers la salle de bain, après avoir jeté un coup d'oeil sur sa soeur qui avait déjà sorti aspirateur, serpillière et autres produits ménagers pour rendre à cet appartement un semblant d'ordre. Pourtant, Isis ne le trouvait pas si sale que ça. Elle avait pris l'habitude de vivre dans le désordre et avait perdu toute motivation pour ranger tout ce qui s'accumulait. Bref, si sa soeur tenait à ranger, qu'elle le fasse. Isis ferma la porte de la salle de bain d'un coup de pied et retira rapidement ses affaires. Elle se glissa sous la douche et tourna le bouton de température au maximum. Elle aimait l'eau très chaude, cela avait le pouvoir de la détendre et de lui faire oublier quelques instants tous ses soucis. Elle aimait aussi voir la buée s'élever au dessus de la cabine de douche et envahir les vitres et les miroirs, sur lesquelles elle s'amusait ensuite à écrire ou dessiner, telle une enfant. Mais aujourd'hui, elle n'avait pas le temps. Elle se doucha rapidement et enfila ses vêtements propres. Elle prit quelques minutes pour se remaquiller et se coiffer puis sorti de la salle de bain. Sa soeur avait déjà nettoyé le salon, qui brillait tel un sou neuf et s'attaquait à présent à la cuisine.


_ « Tiens tu tombes bien, c'est normal que tes placards soient vides ? » la questionna Isatys.
_ « Pas eu le temps de faire les courses... »
_ « Il va falloir s'en charger si tu veux que ta fille reste ici ! »
_ « Je sais, j'avais juste pas prévu qu'elle reviendrait. »
_ « Je m'en doute. » Isatys continua de frotter énergiquement le lavabo avant de reprendre. « Tu m'aides ? Comme ça on aura le temps d'aller faire un peu de shopping après... »
_ « Il est quelle heure ? » demanda Isis.
_ « Presque 14h30. En général, Charlotte dors jusqu'à 15h-15h30, ça nous laisse le temps de finir de ranger et de manger, car je suppose que tu n'as pas mangé ?! »
_ « Non, pas eu le temps. »
_ « C'est pas une excuse, on trouve toujours le temps de manger ! D'ailleurs, tu m'as pas raconté ce que tu as fait avec le beau Manu ? »
_ « Tss, t'es trop curieuse ! Ça me fait penser que j'ai pas répondu à son sms ! »
_ « Et qu'est-ce-que tu attends ? » la questionna Isatys, une éponge à la main.
_ « Le déluge ! » répondit Isis en tirant la langue à sa soeur.
_ « Oh, c'est pas comme ça qu'on traite sa grande soeur ! » poursuivit Isatys en lui lançant l'éponge.


Mais Isis était déjà parti dans l'entrée à la recherche de son sac, où se trouvait son téléphone portable. Elle le prit puis retourna dans le salon où elle se laissa tomber dans le canapé. À vrai dire, elle ne savait pas vraiment quoi lui répondre. Bien sûr qu'elle acceptait de le revoir, mais elle ne savait pas comment lui dire pour ne pas paraître trop accroché... Il fallait qu'elle fasse plutôt soft. Après avoir relu le sms d'Emmanuel, elle se décida à lui écrire.


« Salut Emmanuel, j'accepte tes excuses bien sûr, tu n'avais même pas à le faire. Une ballade ? Si tu veux. Par contre, je ne serai pas seul. Ça te dérange ? Heureuse d'avoir rencontré l'homme qui se cache derrière l'artiste. A bientôt. Isis. »


Elle eut à peine le temps de poser son téléphone qu'il vibra de nouveau. C'était Emmanuel qui lui répondait.


« Je suis content que tu acceptes. Si ce n'est pas trop indiscret, avec qui viens-tu ? Je passe te chercher demain. Quelle heure ? Bisous. »


Elle lui répondit sans attendre.


« Je ne peux pas te dire, enfin, tu verras par toi-même. Je t'expliquerai. Tu peux venir dans l'aprem. Tu sais où j'habite ;) A demain. »


_ « Isis tu fais quoi ? » l'appela Isatys.
_ « J'arrive, j'envoyai un sms. » lui répondit-elle.
_ « Au beau Manu ? » la questionna sa soeur, appuyé contre l'embrasure de la porte, un sourire en coin.
_ « Oui, au beau Manu. »


Isis leva les yeux au ciel puis consulta rapidement le nouveau sms qu'elle venait de recevoir.


« D'accord, j'attendrai tes explications :) A demain alors. Je t'appelle quand je suis dans ta rue. Bisous. »


Isis afficha un petit sourire discret puis se leva du canapé et glissa son téléphone dans sa poche. Sa soeur l'observait toujours sans rien dire. Isis l'ignora puis se dirigea dans la cuisine et attrapa la serpillière. Un petit peu de ménage lui changerai les idées. Elle n'osait pas se l'avouer mais, elle avait hâte d'être demain et de faire plus ample connaissance avec Emmanuel, ou le beau Manu, comme disait sa soeur.


30 Commentaires ?
Merci pour tous vos commentaires ♥

# Posté le samedi 06 juin 2009 09:02

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 09:50